Les chemins de Compostelle (7): Le sud ouest, les Landes et la forêt.
Dans la suite de notre série sur les chemins de Compostelle, Joël nous emmène dans le sud-ouest:

Moissac
Ville attachante entre un canal et le bord du Tarn, Moissac regorge de souvenirs du temps des Pèlerinages.
Bien sûr, l’abbatiale Saint-Pierre est un passage incontournable, tant elle est renommée; depuis la place, cette lourde bâtisse de briques roses, cette porte fortifiée, ce tympan sculpté sont des merveilles. J’ai aimé que cette église soit vernissée de couleurs pastels; l’œil en est satisfait. Faites une visite du Palais de l’abbaye, car ça en vaut la peine pour le dépaysement.
Je vous conseille cependant d’aller vous « perdre » dans le Cloître, situé à coté et qui est bouleversant de poésie et de sourde beauté. La promenade le long des fines colonnes sculptées, le calme du lieu, les motifs des décors des chapiteaux sont un régal des yeux. Toute une histoire du christianisme est ici représentée, de façon naïve et simple, souvent souriante.
En ville, longez le beau canal latéral à la Garonne vers le curieux « Pont tournant » qui s’efface pour laisser passer un bateau un peu plus gros que les autres. Promenez vous le long du Tarn, dans le très beau parc qui longe la vieille ville pour rejoindre le Pont Napoléon construit de briques roses; les maisons anciennes, l’eau fraîche qui paresse doucement, les oiseaux bavards, tout cela … nous rend heureux
A cela il faut ajouter que Moissac est une halte majeure sur notre Chemin de Compostelle: Gites d’étapes, chambres d’hôtes, restaurants accueillants, que demander de plus?
Lectoure
Petite ville discrète du Gers, c’est un lieu de passage historique; sur le chemin de Compostelle bien sûr, mais aussi bien avant, car c’était une voie romaine et une place forte gauloise.
Ce bourg vaut par les promenades à faire dans les rues pour découvrir une multitude de souvenirs du passé: les maisons fortes des protestants, les anciennes portes lancéolées ainsi que les restes de châteaux qui furent « forts »….
J’ai aimé le clocher de la Cathédrale Saint-Gervais, coincé dans une rue étroite, mais qui s’élève droit vers le ciel en se rétrécissant par étages sur cinq niveaux, comme une tour de Babel improbable.
A bientôt pour continuer notre périple et pélerinage en terre de Compostelle…
A lire aussi:
- Les Chemins de Compostelle(1): un peu d’histoire
- Les chemins de Compostelle(2): la préparation au pèlerinage
- Chemins de Compostelle(3): la Via Podiensis, du Puy-en-Velay à Saint-Jean pied de Port
- Compostelle-Via Podiensis (4) Le haut pays: Le Gévaudan, la Margeride, l’Aubrac
Le canal du midi 1 : Sa construction et l’histoire d’un projet fou de Louis XIV
Tout le monde connait le Canal du midi, beaucoup d’entre nous rêvent de cette parenthèse enchantée que serait une balade d’une semaine le long de ce canal entrecoupé d’écluses qui relie la mer méditerranée à l’océan Atlantique, que ce soit en vélo, à pied, ou carrément sur une péniche… mais qui sait que ce canal est né de l’idée folle d’un simple inspecteur des Gabelles (impôt de l’époque taxant cette denrée essentielle qu’était le sel) de province, qui lança ainsi le plus grand chantier de Louis XIV ? Encore une fois, Joël nous emmène pour une de ses balades dans l’histoire dont il a le secret…

Nous sommes en 1662. Le long règne du roi Louis XIV vient de commencer. Une ambiance de grandeur retrouvée flotte jusque dans les provinces du royaume, les récoltes sont belles.
Le Baron Pierre Paul Riquet est Contrôleur des gabelles du Roussillon. Son château, à soixante lieues à l’est de Toulouse au pied de la « Montagne noire », est entouré d’un grand parc où affleurent des sources vives. Notre contrôleur est un esprit curieux, entreprenant, créatif.
Or cette année-là, les paysans, ses « clients » de la Gabelle, se plaignent de ne pas pouvoir payer les gabelles car faute de moyens de communications, ils ne peuvent exporter leurs grains vers les grandes villes du royaume. Et certaines récoltes se perdent.
Il se trouve que nous sommes près de ce point géographique, à 190 mètres d’altitude, où les ruisseaux coincés entre le Massif central au nord et les Pyrénées au sud hésitent entre courir à l’est vers la méditerranée, ou au contraire couler doucement vers l’ouest, vers l’océan.
Esprit vif, le Baron de Riquet imagine – idée folle pour l ’époque !!- un projet de liaison par voie d’eau depuis Bordeaux et la Gironde à l’ouest, jusque vers la Méditerranéenne, Sète et Béziers. Pourquoi, se dit-il, ne pas creuser un canal qui relierait l’atlantique, Bordeaux et son port d’exportation, avec la méditerranée et ses grandes villes, Montpellier et Marseille!!!
Le problème majeur du projet à l’époque – et encore aujourd’hui! – était le maintien des niveaux dans les canaux malgré les écluses, les pluies, les inévitables fuites ainsi que la gestion de l’eau, donc le remplissage des réserves à construire pour pourvoir à cet approvisionnement.
Pour « vendre » son projet au Roi, le baron n’hésite pas à construire dans le parc de son château un modèle réduit du futur canal du midi, avec deux bassins pour stocker l’eau, un véritable canal de 300 mètres, une écluse comme il en a vu fonctionner dans les salines, des biefs d’attente, des vannes, et surtout un système sophistiqué d’approvisionnement et de transfert hydraulique.
On dit que Riquet se serait même inspiré d’études laissées par le génial Léonard de Vinci pour la conception de son œuvre !!!
Aujourd’hui encore, quelques vestiges touchants de ce projet fou restent visibles dans le parc de son château de Bon-repos Riquet: Un reste d’écluse, un réservoir asséché, des briques….
Fin 1662 le baron, simple Contrôleur des Gabelles, va soumettre son projet au Roi. Voilà donc le représentant du grand argentier Colbert qui arrive au château: Son fils joue les bateliers, ils passent les écluses… Visites, exclamations, projets, découvertes, …
Le roi, et surtout son financier de ministre, sont rapidement séduits par ce projet de canal qui sert certes la splendeur du Royaume et permet de passer de l’atlantique à la méditerranée sans faire le grand tour par Gibraltar… mais laisse surtout prévoir une augmentation notable des Gabelles!!!
Et c’est ainsi qu’en 1666, par édit Royal du tout jeune Louis XIV, était lancé le plus grand et le plus technique des chantiers du grand siècle: le « Canal Royal du Languedoc », que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de « Canal du Midi ».
Sa construction aura nécessité plus de quinze ans de travaux gigantesques, plus de 10 000 ouvriers (Toulouse n’a à l’époque que 20 000 habitants !!!!), un canal de 350 kilomètres, des ponts, des écluses, des ports….
Il faut imaginer la somme d’ingéniosité qu’ont demandé ces travaux il y a trois siècles et demi avec pour tout moyen de transport le cheval, la pelle pour les terrassements des canaux et des écluses, et du parchemin et des plumes d’oie pour les études et les plans!!
En comparaison, nos « grands travaux » du XXIème siècle lancés à grand renfort de machines deviennent bien plus « modestes » à nos yeux.
A la semaine prochaine pour continuer d’explorer le Canal du midi !
Randonnée dans le cirque de Mafate, à la Réunion – En famille
La première partie de notre randonnée dans le cirque de Mafate à la réunion nous avait amené de la canalisation des orangers à Roche plate… Voici la suite:

Après une nuit de rêve dans ce gite situé en plein cœur du Cirque de Mafate, sur l’ile de la Réunion, le lever est matinal et sans courbatures.
Nous prenons le petit déjeuner au frais du matin avec un oiseau rouge – un « Cardinal » – sur la rambarde. Une belle balade nous attend aujourd’hui encore, le rêve!!!
Nous repartons joyeux et fringants: la journée va être « solide », alors courage, et démarrons tôt.
Après « une heure de plat mafatais » (= deux bonnes heures de grimpettes et de dégringolades), nous arrivons dans un de ces lieux improbables qui font le charme des randonnées: un petit bois de Filaos au milieu d’une rivière fraîche qui batifole avant de s’élancer plus bas dans la cascade, des plaques de rochers noirs accueillants pour la sieste, et trois vaches étiques qui broutent l’herbe rase; son coupe-coupe à la main, un employé de l’ONF longe le chemin de randonnée pour le nettoyer de ses envahisseurs verts.
Épuisés mais ravis, d’autres randonneurs se sont arrêtés là et pique niquent joyeusement, à la mode réunionnaise.
Encore une autre solide montée, et voilà, improbable, une prairie presque grande et bien verte, avec douze vaches paisibles… on se croirait dans le Vercors !!!
Des randonneurs « Zoreilles » – des métros – nous disent: « Vous y êtes presque, plus que 45 minutes de descente ». Eux aussi ont été contaminés par les Mafatais: après deux heures de descente ET de montée (méfiez vous des descentes, elles sont toujours suivies de montées!!!), nous atteignons enfin l’ilet (ou hameau) de « La Nouvelle ».
La, changement de temps, de siècle presque: on retrouve une Poste, des Gites confortables, des Bars, une école de 30 enfants… Nous sommes au centre du cirque de Mafate, sans l’ombre d’une route à des kilomètres à la ronde, et pourtant c’est déjà la civilisation.
Accompagnées des mamans, nos petites filles sont arrivées ce soir, courageusement par un autre chemin qu’il leur faudra remonter demain.
Autour du repas créole, la soirée est magnifique: sourires enfantins, jeux de Dominos, histoires de fées en serrant les doudous, nuit dans de confortables dortoirs à six personnes….
Le lendemain, le jour qui se lève est vraiment magique et si lumineux; la vue sur les remparts du volcan, le soleil qui arrive doucement là haut, les ilets lointains, tout petits… et puis très vite la ronde des hélicoptères à tout faire: approvisionnement, poubelles, carburants, touristes et courrier…
Nous remontons sur le bord du volcan, avec les toutes petites jambes de nos toutes petites filles.
Les marches d’escalier sur les chemins sont … énormes pour nos petites montagnardes ! Heureusement les épaules des papas et tontons se feront accueillantes pour la plus petite.
Pour elles, c’est la vraie grande randonnée. Heureusement chaque halte est l’occasion d’une distribution de bonbons, de jeux de cache-cache ou de balançoire sur les Tamarins tordus pendant que les grands font la sieste ….
Enfin, c’est l’arrivée au « Col des bœufs » où nous retrouvons le confort des voitures, pour redescendre dans le deuxième Cirque de la Réunion, celui de Salazie.
Un peu plus ouvert, sa fraicheur est aussi plus souriante; et puis, … il y a une route!!!
Les ilets que nous croisons ont des noms magnifiques: Bois de Pomme, Mare à Citrons, Piton La-fesse, Mare à Poule d’eau, …
Devant les cases rutilantes aux couleurs vives, les anciens attendent le temps qui passe avec leurs inévitables chapeaux noirs. La route sinueuse traverse des gorges arrosées de cascades, croise le « Voile de la Mariée » rutilant au soleil.
C’est déjà la fin du rêve??? Derrière, bercées dans la voiture, les petites filles dorment.
La fête des lumières à Lyon
Du 8 au 11 décembre 2011, ce sera la Fête des lumières à Lyon. Joel nous emmène pour l’occasion en balade, le long de cette fête des lumières telle qu’il a vécue l’an dernier.
Il fait un froid vif et cru ce 8 décembre le long de la route déjà bien sombre qui nous conduit à Lyon.
Le vent d’est souffle sous le ciel clair, pas assez cependant pour éteindre les lumignons multicolores qui vacillent partout jusque dans la campagne sur les bords des fenêtres des maisons. La fête semble s’étendre bien au delà de l’agglomération lyonnaise !
Ces lumières reprennent une tradition Lyonnaise ancienne : Au 17ème siècle, Marie aurait protégé les habitants de la ville d’une épidémie dévastatrice de Peste ; depuis, en guise de remerciement on illumine chaque année les fenêtres des maisons de petits lumignons, bougies joyeuses et colorées qui luisent dans les yeux des enfants.
Aujourd’hui, cette tradition est magnifiée chaque année par des illuminations féeriques des plus beaux bâtiments de la ville. Chaque année, nous restons éblouis comme des gamins que nous sommes restés.
Arrivée à l’entrée de Lyon. Pour éviter les embouteillages ce soir, nous allons jusqu’à la presqu’ile en métro automatique. Foules heureuses, vivantes, emmitouflées, sourires de fêtes, les nez sont rouges de froid !!
Le long des quais du Rhône, la foule est immense pour admirer le spectacle de Fourvière : un feu d’artifice, des lumières aux couleurs pastel qui font vivre la basilique, des rayons lumineux qui escaladent le ciel, la buée soufflée joyeusement par cette petite fille blonde, et l’odeur des marrons chauds sur un feu rougeoyant qui crépite.
La foule semble animée d’une vie propre !! Elle s’écoule le long des rues selon un circuit secret, un rythme lié à la vie des animations lumineuses. Musique, murs décorés de fresques magnifiques, lumignons omniprésents, la magie du moment est prenante. Les yeux et les oreilles frétillent.
Nous arrivons devant une basilique inondée de lumières qui font d’une église couleur de nuit une carte postale de couleurs vives, fascinantes, mouvantes. Ce vieux bâtiment semble avoir une vie propre: instant magique de joie pure, avec le cœur qui bat fort. Les teintes basculent, l’échafaudage croule, la porte massive s’ouvre et les tours changent de couleurs …. magie de la lumière!
Là encore, un hôtel coloré vacille de couleurs crues qui s’effondrent et se reconstruisent, qui font rêver de la construction au moyen age avec ses maçons en haut d’échafaudages en bois… Le temps disparaît, flotte, danse… Sommes nous vraiment au temps des cathédrales ???
Emmenés par la foule, nous nous retrouvons vers le vieux centre de Lyon, devant ces petits restaurants typiquement Lyonnais que sont les « Bouchons ».
Chaleur du poêle, ambiance bon enfant, repas de cochonnailles comme ceux que prenaient les Soyeux lyonnais bavards après leur travail.
Il faut voir Lyon ainsi transformé et illuminé, si joyeux en ces soirs de fête du 8 au 11 décembre.
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